Délégué fédéral de la FCSB

 

Raymond, as-tu été surpris par la décision de confinement le 16 mars dernier ?

Oui et non ! Le lundi 17 mars, nous avions une réunion d’équipe régionale et déjà la moitié des collègues était en visio… Mais ce moment clef nous a permis de poser les enjeux que nous distinguions pour les centres et donc pour la FCSB, à savoir :

  • Envoyer rapidement un message aux centres, un message qui dise :
    « La situation est exceptionnelle, les difficultés inédites, mais il est important dans cette période, qui risque d’être compliquée, d’être présent pour l’ensemble de nos habitants, avec une attention particulière auprès des plus fragiles »

 

  • Soutenir les centres dans l’adaptation nécessaire de leurs modes de fonctionnement : proposer des actions possibles (Kit Solidair’Breizh), partager au mieux les innovations mises en place progressivement dans les centres, aider les employeurs dans leurs choix et leurs démarches administratives. Je note aussi la très forte mobilisation de l’équipe fédérale nationale et la qualité de leur production.

 

  • Valoriser le travail formidable des centres en action : tout de suite, sur la période, mais aussi imaginer comment pouvoir le valoriser demain, quand ce sera terminé. Comment capitaliser toute cette matière pour qu’une fois cette période derrière nous, nos partenaires n’oublient pas que toutes ces organisations, composées de professionnels et bénévoles, travaillent à leurs côtés, en complémentarité. Ils font preuve d’ingéniosité, de créativité, d’une capacité d’adaptation remarquables et continuent ainsi de faire vivre la solidarité de proximité, dans la lignée de leur raison d’être depuis + d’un siècle.

 

  • Ne pas blâmer les centres, qui, faute de moyens humains, d’outils, de disparités territoriales, de gouvernances, n’ont pu se mobiliser pendant cette période.
    Nous savons que chaque centre a ses spécificités et qu’il n’est pas possible pour tous d’être proactifs ainsi que d’être tous au même niveau d’implication. Certains répondent aux appels, d’autres créent des murs virtuels, d’autres encore font participer leurs bénévoles à la confection de masques, blouses… Chacun fait de son mieux avec ses moyens.

● Comment la FCSB s’est-elle adaptée en termes d’organisation, de chômage partiel, de communication ?

L’équipe a été confrontée (comme tous) à des changements brutaux mais très vite nous nous sommes mobilisés pour prioriser les enjeux repérés. Chacun a pris une action en charge, des sous-groupes se sont constitués, les échanges ont été très nombreux : téléphone, mails, visios…
La communication a rarement été aussi intense !

Comme dans beaucoup de centres, ce moment exceptionnel a révélé aussi des comportements qui font plaisir à voir ! En terme d’esprit d’équipe c’est bizarrement une période intéressante… C’est une analyse partagée par beaucoup de centres et de fédérations au plan national…
Au final, à ce jour, nous allons faire très peu appel au chômage partiel, car, outre les actions liées à la situation actuelle, nous poursuivons nos chantiers en les adaptant. Par exemple en transformant des formations “présentielles” en formations “à distance”.

Concrètement, qu’avez-vous mis en place ?

Plusieurs choses, par exemple :

  • Le KIT Solidair’Breizh : une plateforme de mise en lien, des affiches, des ressources, des vidéos, un jeu pour activer du lien social : l’Enquête Solidaire. En positionnant notre collègue Serge comme interlocuteur fédéral.

 

  • Des réunions en visio qui ont permis aux directeurs de chaque département d’échanger.

 

  • Des visios spécifiques avec notre consultant juridique.

 

  • Des mails d’information sur la réglementation, la RH, En positionnant nos collègues Émilie Tortellier et Philippe Kuriata comme interlocuteurs du réseau.

 

  • Des enquêtes sur l’accompagnement à la scolarité, les pratiques des centres dans la période.

 

  • Des newsletters spéciales.

Assez vite, nous avons également remis en route nos instances associatives : Bureau, Com, bientôt un CA. L’accélération de la mise en pratique des outils de visio laissera certainement des traces. Non pas pour faire moins de rencontres physiques, mais pour multiplier les moments de travail et favoriser la participation de tous, en particulier les personnes qui œuvrent à l’échelon régional, c’est une piste de travail intéressante pour la suite.

Et demain ?

Nous avons sans doute 3 enjeux qui se profilent :

  • Dans l’immédiat, le déconfinement : nous sommes en train d’organiser un groupe ou des groupes de réflexions sur les difficultés à venir et les solutions. Nous, ça veut dire les centres, ce sont les centres qui proposent ces initiatives, eux qui sont en capacité d’imaginer toutes les situations, les difficultés (les activités collectives ? les permanences de partenaires ?…), mais aussi d’imaginer des solutions potentielles. Le rôle de la FCSB c’est d’organiser le lien, la réflexion, de permettre la mutualisation, de partager avec le national…

 

  • Et puis, regarder et analyser les effets sur l’économie des centres à moyens termes : d’une part tous nos interlocuteurs vont être impactés (les habitants, les partenaires institutionnels) et les contraintes dans lesquelles les centres vont devoir travailler auront aussi des effets.

 

  • Et enfin, essayer de percevoir en quoi toute cette période peut réinterroger les pratiques des centres, leur place… Là aussi plusieurs acteurs du réseau ont mis à profit la période pour réfléchir et il nous appartiendra de partager ces contributions pour le prochain projet de la Fédération national (2022) et régional (2023).

Optimiste ?

Prudent. Mais oui, globalement optimiste ! Pour les centres, cette période met en lumière une fois de plus la nécessité du lien social et de l’accompagnement reliés à la capacité des personnes à agir en collectif : l’ADN des centres sociaux !