Trois questions à Christophe DEMILLY, directeur de la Caisse d’Allocations Familiales d’Ille-et-Vilaine

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1– Vous avez développé, en tant que Directeur de la CAF 35, une politique volontariste dans la sortie de la gestion directe, redonnant une place à la représentation des habitants, du financement sur fonds propres pour de nombreux centres sociaux, notamment en milieu rural. D’où vient cette sensibilité aux centres sociaux ? Je crois que cela fait longtemps que vous y êtes sensible….

Oui, j’y suis sensible depuis bien longtemps... Il y a trois raisons à cela. D’abord, un parcours personnel qui fait que je suis très soucieux d’aider des structures comme les centres sociaux. Ensuite, j’ai connu un système de gestion associative des centres sociaux dans la Marne où j’ai exercé pendant sept ans. La ville de Reims est exemplaire. Elle accompagne, avec la CAF, les centres sans en faire de simples services extérieurs... et surtout elle s’appuie sur les habitants de chaque quartier. C’est l’option qui a été prise àRennes il y a quelques années. J’avais été très surpris de constater, lors d’une première réunion avec les centres, l’absence totale des habitants. Il n’y avait que la CAF et la ville. La décision de la Caf de se désengager d’une gestion directe a été difficile à l’époque. J’en profite pour souligner à quel point le soutien de Maria Vadillo, adjointe au maire, a été important. Cela dit, cette décision n’est pas encore comprise de tout le monde. La troisième raison , c’est ma découverte de la politique sociale du Québec.

Dans ce pays, on ne se passe pas de l’expertise des habitants.

2-La journée des centres sociaux d’Ille-et-Vilaine, le 6 avril, aura pour thématique la relation aux collectivités locales, l’autre grand financeur des centres. Comment cette initiative prend-elle place dans le dialogue avec les élus locaux, de plus en plus concernés par l’animation locale ? Cette initiative est-elle une façon d’améliorer la communication avec les élus des communes qui accueillent des Centres Sociaux

Les centres sociaux sont des outils de développement social remarquables dans une ville ou en milieu rural... Mais curieusement, on ne s’en rend pas toujours compte. L’autonomie d’un centre ne veut pas dire qu’il faille s’en désintéresser. Il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre. Ni instrumentalisation, ni indifférence. La politique d’un centre social s’inscrit dans une politique sociale partenariale. Il y a donc lieu pour chaque partenaire important de définir sa ligne de conduite et de contractualiser avec le centre social. Les financeurs, et les collectivités localesen premier lieu, ne doivent pas être que des financeurs.

Ils doivent accompagner, encourager, soutenir, impulser des actions portées par les habitants.

3-« Dans la COG actuelle, la CNAF y a réaffirmé la place des centres sociaux dans l’action collective. Mais elle se termine en 2012. Et sur le plan politique, beaucoup de bouleversement sont annoncés, l’État se recentre, les collectivités locales se réorganisent. Comment voyez-vous l’avenir pour les centres sociaux dans ce contexte

Pour les collectivités locales, je ne m’avancerai pas. En ce qui concerne la CNAF et les CAF, il n’y a aucune raison objective que le soutien "s’amenuise". La branche famille a toujours accompagné les centres et il n’y a aucune raison que cela change. Sur le plan local, la CAF est à coté des centres sociaux et son soutien financier a toujours été en hausse quelque soit le contexte.