La participation des habitants dans les Centres Sociaux …un plat qui mijote !

recoucou

Permettre à des habitants de participer, de s’impliquer, de s’engager dans la vie de leur commune ou de leur quartier, est une finalité affichée par l’ensemble des centres sociaux. Cette volonté est d’ailleurs partagée par nos partenaires institutionnels et par une grande majorité des collectivités locales avec lesquelles nous travaillons.
La circulaire de juin 2012 de la CNAF, les directives du Ministère de la Cohésion Sociale pour développer le bénévolat ou le volontariat, les projets de Développement Social Local sur les territoires, impulsés par les Conseils Généraux… ou encore les programmes politiques des municipalités affichant de plus en plus de démocratie participative… autant d’éléments qui mettent bien en évidence une préoccupation commune en matière de participation des habitants à la vie de la cité. Cependant, dernièrement, lors d’un temps de formation, un bénévole s’exprimait ainsi : « une démarche participative ne se décrète pas ! Pour la mettre en œuvre, cela demande du temps. C’est comme un plat qui mijote tranquillement, à feux doux… dans lequel on retrouve des ingrédients de base, mais aussi une petite touche personnelle, qui fera que ce plat sera unique… ! » Cela signifie qu’il n’existerait pas de recette type, mais des principes fondamentaux à respecter pour favoriser la participation des habitants.
- 1) Assurez-vous d’abord que tous les partenaires sont bien prêts à plonger ensemble dans la marmite, car cela va nécessiter une acceptation à être remué, mélangé, bousculé... Pour d’autres, cela va engendrer une transformation, voire parfois une disparition ou une fusion, mais le résultat n’en sera que meilleur.
- 2) Imaginons ensuite une équipe de professionnels, réunis autour de cette recette. Certains, peut-être pas tout à fait convaincus du résultat, mais pris dans le tourbillon des premières odeurs de la cuisson, ne résistent pas à venir « touiller » eux aussi. Car attention, il ne faut surtout pas oublier de mélanger de temps en temps, et au bon moment, de goûter, ou encore de rajouter un ingrédient. Pendant la cuisson, nous pouvons entendre : « Nous ne sommes plus des animateurs d’activités mais des accompagnateurs de projets d’habitants ». « Nous ne sommes pas là pour faire pour, mais avec les habitants ». « Nous sommes des révélateurs de talents ».
- 3) Puis, des habitants qui arrivent ! Méfiants au départ, ils n’osent pas s’approcher. Mais les cuistots sont là pour les rassurer et leur présenter leur recette. « On a pris le temps de m’accueillir et de me présenter l’association, le projet social ». Ne se posant pas de questions, un premier habitant (entraînant avec lui son voisin) saute dans la marmite. D’autres, plus hésitants, souhaiteraient que les professionnels les accompagnent dans la gamelle. Ces derniers leur expliquent que ce n’est pas leurs rôles.
« Ne pas faire à la place de, mais… accueillir, expliquer, former, guider, orienter… rassurer, encourager, valoriser… associer, responsabiliser… tout ceci correspond à ce que je fais tous les jours avec les bénévoles ». Finalement, d’autres grimpent le long du chaudron, avant de se jeter, eux aussi dans l’aventure.
4) Un mélange détonnant ! A chaque nouvelle cuisson, cela prend une tournure particulière, inattendue. A l’intérieur du faitout, règne une joyeuse ambiance. Des échanges, des rires, des moments d’ébullition, mais aussi… des personnes qui ressortent pour aller en chercher d’autres. On peut même parfois voir un cuisinier y plonger et revenir avec un ingrédient qu’on ne reconnaît plus. « J’ai été écouté et on m’a accompagné dans une période de ma vie très compliquée »
« Je suis venue pour du tricot et depuis je suis engagé sur la fête du quartier et dans l’activité d’aide aux devoirs » 
Le résultat ? Et bien, essayez mais, attention ! Le mélange est subtil. Et finalement, le résultat, on ne le connaît jamais vraiment…
Jean Davoust, apprenti Cuistot