LA FRANCE DECOUVRE SA PAUVRETE.

recoucou

La France est un pays riche. Pourtant, 13,5 % de ses habitants vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2009, soit une personne sur 7 !

C’est ainsi que L’INSEE nous livre ses derniers chiffres en matière de pauvreté. Nous pouvons constater que la situation ne s’améliore pas, bien au contraire, elle continue de se dégrader, sachant que celle de l’année 2010 n’a pas encore été analysée. À partir des chiffres, on peut relever des causes évidentes : chômage, précarité, lacunes de la formation. Cela nous inquiète ; rappelons que Martin Hirsch(Haut-commissaire aux Solidarités actives) avait lancé pour 2010, en France « l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ». Depuis, nous n’en avons pas beaucoup entendu parler !

De notre "lorgnette", dans les centres sociaux, nous n’avons pas vu beaucoup d’actions concrètes en lien avec cette mobilisation nationale, pour combattre l’exclusion qui mine le pays. De plus, ce qui n’est pas contestable, c’est que le niveau de vie des plus pauvres diminue encore tandis que celui des plus aisés ne cesse d’augmenter.Une étude de la Fondation de France met en relief l’impact de cette pauvreté sur l’isolement relationnel (1)

(1Les solitudes en France, Fondation de France juin 11

Quel état des lieux faisons-nous ?

La France comptait 4,5 millions de pauvres en 2009, si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et, si l’on considère le seuil de 60 % du niveau de vie médian (voir notre définition ci-dessous), on arrive à un nombre de 8,2 millions. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 7,5 % de la population totale, dans le second, il est de 13,5 %. En 2009, le seuil de pauvreté situé à 60 % du revenu médian, pour une personne seule, était de 954 euros mensuels, celui à 50 % se situant à 795 euros.

Mais au-delà des chiffres, tout cela ne nous dit pas comment la pauvreté se vit au quotidien dans les territoires, depuis les banlieues les plus urbaines jusqu’aux secteurs ruraux les plus éloignés des villes.

La pauvreté n’est pas forcément liée à l’inactivité. Un nombre croissant de personnes qui travaillent n’ont pas des revenus suffisants pour sortir de la pauvreté : ce sont des « travailleurs pauvres ». Par ailleurs, chez les adultes, la pauvreté concerne davantage les femmes que les hommes, particulièrement dans les familles monoparentales.

La pauvreté a baissé entre les années 1970 et le milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000. Depuis 2002, le nombre de personnes pauvres au seuil de 50 % du revenu médian a augmenté de 760 000 (+ 20 %) et si l’on se base sur le seuil de 60 %, le nombre de pauvres a progressé de 678 000 (+ 9 %).

Les taux sont passés respectivement de 6,5 à 7,5 % et de 12,9 à 13,5 % de la population totale. Malgré ces données statistiques, la France demeure l’un des pays qui compte le moins de pauvres en Europe. Mais le mouvement de hausse est désormais très net depuis la crise de 2008. Il constitue un tournant historique depuis les années 1960. La stagnation del’activité économique depuis 2009 laisse penser que la situation ne s’est pas améliorée et qu’elle ne risque pas de l’être de sitôt.

Seuil de pauvreté : La mesure de la pauvreté en France se fait principalement au moyen du calcul du seuil de pauvreté (954 € en 2009) défini comme étant égal à un certain pourcentage du revenu médian national. L’INSEE utilise dans ses calculs le taux de 60 % du revenu médian comme la plupart des pays européens.