Ce n’est pas vraiment le moment !

recoucou

Il faut faire des économies !

L’action publique est soumise depuis quelques temps à de fortes pressions économiques : les dotations diminuent et personne aujourd’hui n’envisage facilement de faire monter la pression de la contribution citoyenne par des impôts supplémentaires. Alors la tentation est forte pour nos responsables politiques de cibler le monde associatif.

Pourtant est-ce bien raisonnable ?

D’abord en termes économiques : avec 106 000 salariés en Bretagne (Panorama CRES Bretagne Dec 2013), le secteur associatif est loin d’être un acteur négligeable dans le maintien de l’emploi. Certe, on pourra objecter que l’économie des structures est bâtie sur le modèle de la subvention, mais, outre le fait que d’autres acteurs font l’objet de financements publics (agriculture, crédits d’impôts aux entreprises,...), les associations ont développé une forte capacité pour rechercher de multiples financements, la subvention devenant alors un véritable levier. La Fédération des Centres Sociaux, par exemple, avec 28 % de subvention, génère 3 euros pour 1 euro investi ....rappelons que les 60 centres sociaux fédérés, ce sont aujourd’hui , 460 administrateurs ,4850 bénévoles d’activités et 1700 salariés.

Et puis les associations ne seraient-elles pas l’un des leviers les plus efficaces pour tricoter ce fameux lien social dont chacun s’évertue à parler ? Si oui, il est impératif que les pouvoirs publics, sauf s’ils considèrent détenir seuls la solution, sachent construire avec les associations présentes sur le terrain, ancrées dans des territoires qu’elles connaissent bien, pour lesquels elles travaillent, des partenariats forts et complémentaires, basés sur le respect des compétences et fonctions de chacun. Au delà du simple fait économique, les centres sociaux savent mobiliser des ressources humaines porteuses de solutions et d’actions, aussi bien dans les territoires urbains, semi-urbains ou ruraux. Demain, par exemple, les questions sociales posées par le vieillissement seront déterminantes ; elles ne pourront pas toutes être résolues par une action publique en mal de financements...des acteurs comme les centres sociaux seront des maillons essentiels pour lutter contre l’isolement et mettre la ressource des habitants seniors au cœur et au service de la vie de la cité. Travailler en complémentarité, à la Fédération des Centres Sociaux et Socioculturels de Bretagne, nous y croyons ! Les récents événements nous ont tous alerté, quelque soit notre place dans la vie publique...
Ce n’est pas vraiment le moment de se tromper de chemin.
Raymond Jegou